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Association Culturelle Amazighe à Ottawa-Hull
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Mohand Saïd U Belaïd

La voix de l’errance

http://www.depechedekabylie.com/read.php?id=1055&ed=ODM5

Qui, parmi nous, n’a pas sentit une extrême volupté en écoutant le cheikh Mohand Saïd U Belaid ? Ce ténor de la chanson kabyle, dont les œuvres demeurent à présent en vogue, est d’abord, un nationaliste, un militant  de la première heure qui n’a ménagé aucun effort pour répondre à l’appel du devoir de Novembre 54.
De son véritable nom, Larbi Mohand Said U Belaid est  né le 19 février 1923. Issu d’une famille nombreuse, ce chanteur tant adulé, avant de quitter son village natal  Ath Smail, sis dans la daira de Boghni, a sillonné tous les villages avoisinants et même les plus éloignés.
En effet, après quelques années d’apprentissage du Coran et un bref passage à l’école primaire réservée aux indigènes, Mohand Said U Belaid a finalement opté pour le commerce des produits ruraux (l’huile, les figues sèches…) qu’il acheminait vers d’autres régions, pour revenir avec des biens que le village ne produisait  pas.
En 1946, il n’avait que 22 ans lorsqu’il décida de prendre le chemin de l’exil, Malgré sa situation relativement aisée, sa soif de connaître les cieux les plus lointains l’avait poussé à prendre le bateau pour s‘établir chez son frère aîné, Ahmed déjà immigré.
Jusque-là, Mohand Said U Belaid qui éprouvait un sentiment fougueux pour la musique, n’avait pas pu s’introduire dans le milieu artistique de l’exil, et ce malgré ses rares brillantes sorties. Dans son premier enregistrement survenu en 1948, il traitait la séparation “Inas inas, xit yazran warsum yibas”, le nationalisme “Barkak nisit n chrav”.
En effet, dans cette seconde chanson, il exhortait ses semblables à ne plus s’adonner à la consommation de l’alcool, à s’attacher aux valeurs des leurs et s’insurger contre les délices de la déperdition.
Bien que ses chansons aient reçu un écho favorable, la maturité artistique de Mohand Said U Belaid, a été construite avec l’incontestable maître, feu Amraoui Missoum.
Depuis le début des années 50, la renommée de cet artiste n’a cessé de grimper les échelons. Dans son cercle circulaient les célébrités, Dahmane El Harrachi, Slimane Azem, Ahcene Meziani, Farid Ali, Akli Yahiatène…
Comme tous les chanteurs de l’immigration lui aussi, a vécu le déracinement et la morose séparation. Sa chanson (Ma tehfit à tine hamlagh) Souvient-tu mon amour?) disait long. Son amour pour la femme natale n’a pas de doute “takvaylit ac hal tazièen” Ô ! combien, elle est charmante, la Kabyle ! Pas de commentaire.
Durant son vivant, dans l’une des conversations qu’il nous a accordées, il disait : “Lorsque j’ai décidé d’enregistrer, Ma tchfit à tin hamlagh”, j’ai tout fait pour que ma femme soit de la partie. Hélas, elle a nettement refusé.
A l’époque le duo imaginaire est presque révolu. Mais par respect à ma femme que j’aimais terriblement, je me suis contenté de lui prêter ma voix. Elle avait une très belle voix”a-t-il souligné.
En 1953, c’est le retour au pays natal. Mohand Said U Belaid, qui avait l’amour de la patrie  dans ses entrailles, a bien décidé de rejoindre le maquis. A Alger, il rencontre feu Krim Belkacem. Celui-ci, plus qu’insistant, lui impose de regagner l’exil. “La guerre contre l’occupant a besoin d’argent et des gens capables de se déplacer aisément en France” lui a-t-il ajouté.
Depuis cette entrevue, il se consacre à la Révolution.  Il collecte les fonds, recrute les militants et son café devient le giron des nationalistes immigrés.
Après l’indépendance, le cheikh renoue avec la chanson. Avehri siwd assen slam, cette célèbre chanson qui ne cesse de bercer les générations, n’est qu’une de ses chefs-d’œuvre qui restera, sans doute, pour longtemps.
Ironie du sort. Interné pour un drame familial et après avoir purgé sa peine, Mohand Said U Belaid devient errant, d’un village à un autre. Guitare à la main, il ne cesse de ressusciter son passé riche, de chanter gratuitement pour un monde curieux et inflexible, comme au vieux beau temps, jusqu’en 1999 où un voyou, un faux drabki l’assassine, lâchement dans la plage, d’Azeffoun.
Mérite-t-il cette fin dans une Algérie pour laquelle il s’est sacrifié ?

Ali Khal

 

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