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... quand je verrai gémir au fond des ténèbres, avec Jupiter et ses adorateurs, tous
ces rois que l'on disait au ciel : quand je les verrai, tous ces magistrats qui ont persécuté le nom
chrétien, dévorés par des flammes beaucoup plus ardentes que celles dont ils se servirent pour
tourmenter nos frères ; quand je verrai tous ces sages, tous ces philosophes, rôtissant avec leurs
disciples à qui ils ont enseigné que Dieu ne s'occupe pas du monde. Les hommes sont informés, par les livres des sages et les chants des poètes, de ce fleuve de feu dont
les brûlants replis entourent plusieurs fois les marais du Styx. Que tout cela est réservé pour des
supplices éternels, ils l'ont su par les indications des démons et les oracles des prophètes. Voilà
pourquoi, chez eux, Jupiter lui-même jure avec respect par les rives enflammées et le gouffre sombre :
il sait d'avance quelle peine lui est destinée avec ses adeptes et il en tremble d'horreur. Ces tourments
n'auront ni mesure ni terme. Là le feu intelligent brûle les membres et les restaure, les déchires et les
nourrit. De même que le feu de la foudre touche les corps sans les détruire, que les feux de l'Etna, du
Vésuve et d'autres semblables brûlent toujours sans jamais s'épuiser, ainsi ce feu vengeur ne
s'entretient pas au détriment de ceux qu'il ronge, mais il dévore les corps et s'aliment sans les consumer. |

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