SAINT CYPRIEN


La mort est donnée, mais l'immortalité la suit ; aux victimes le monde est enlevé, mais aux sauvés le paradis est rendu ; la vie temporelle est arrachée, mais l'éternité est accordée.

Embrassons le jour qui assigne à chacun son domicile, qui, après nous avoir arrachés des liens d'ici-bas et déliés des revers du siècle, nous ramène au paradis et au royaume. Qui après un lointain exil, ne se hâterait pas de rentrer dans sa patrie ? Qui, pour rejoindre plus rapidement les siens, ne souhaiterait pas un vent favorable, de manière à pouvoir embrasser les siens ? Pour nous, nous regardons le paradis comme notre patrie ; nous avons pour pères les patriarches : pourquoi ne nous hâtons-nous pas, ne courons-nous pas pour voir notre patrie, pour saluer nos ancêtres ?

Quel et combien grand sera le jour du jugement ! Alors le Seigneur se mettra à examiner son peuple, à reconnaître avec la précision de la connaissance divine les mérites de chacun, à envoyer dans la géhenne les coupables et à condamner nos persécuteurs aux ardeurs éternelles de la flamme vengeresse, à nous payer le salaire de notre foi et de notre piété... Lorsque viendra cette manifestation, lorsque la gloire de Dieu brillera sur nous, nous serons heureux et joyeux d'être honorés de la bonté de Dieu, tandis que demeureront accusés et misérables ceux qui, ayant abandonné Dieu ou s'étant révoltés contre Dieu, auront fait la volonté du diable, si bien que, nécessairement, ils seront avec le diable, torturés par le feu inextinguible.




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